Pronetaire
Modifié Monday, 05-Jan-2009 17:19:22 CET
julien@tayon.net
L'art du néologisme
La blogosphère (ou l'art de parler de son nombril à la face du monde) a rendu l'art du néologisme indispensable.
Comment peut on écrire quelque chose d'intéressant, si on a pas inventé un nouveau mot pour le décrire ?
Prenez le mot de pronetaire, qui ne veut rien dire, il est aujourd'hui super glamour 2.0. Que désigne-t'il ?
Il désigne, les ingénieurs informaticiens, qui pensant ne pas avoir le choix font les choses suivantes :
- refusent de se syndiquer de peur de perdre leur boulot ;
- passent leur temps à prôner les valeurs du capitalisme ;
- se plaignent de leur condition
Vous avez des difficultés à comprendre à pourquoi ils ne sont pas heureux ? Laissez moi vous expliquer :
ils gagnent certes plus (au minimum 2000 Euros en sortie d'école ou de fac), mais ils trouvent que le prix est dur à payer ;
même si ils sont virtuellement au 35h, ils travaillent parfois, souvent plus, ramenant leur salaire horaire au mieux à celui d'un
comptable (2000/20/10=10Euro de l'heure soit ramené à un 40 heure pas loin de 1500Euros).
En plus, rare sont ceux qui ont conscience que leur métier est un métier créatif soumis aux baisses de productivité induite par,
le manque d'inspiration ou de motivation. Mais comme ils ont tous l'âme d'un vrai patron, ils investissent dans la pierre. Quelle idée de payer
tous les mois un loyer, qui au bout de 15 ans revient à acheter un appart ?
Je les comprend : les charges ne sont pas variables et totalement prévisibles, les assurances si peu chères, et les impôts si négligeables.
Au final, ils se maquent avec un appart tout en ignorant que leur métier est précaire.
J'adore ce néologisme. Comme si il y avait un rapport entre les mineurs de 1900, les maçons du XIXé et cette nouvelle espère.
Je ne vis pas dans le mythe de mon grand père maçon, cependant, force est de constater que les maçons et les mineurs sont devenus
prolétaires, non le jour où ils sont devenus pauvre, mais le jour où ils ont compris que le seul moyen de lutter contre la pauvreté
était d'adopter une solidarité. Les maçons créérent les premières assurances maladie, les mineurs au prix de révoltes mattées dans le sang
ont fait valoir leur droit.
Je suis peut être un vieux con, mais dites moi, quel rapport il y a t'il entre ces idiots individualites qui se font avoir, en s'imaginant
qu'ils s'en sortiront mieux que les autres, et ceux qui se sont créés une identité pour s'en sortir ?
Aucune, il y a ceux qui se battent et parfois gagnent, et ceux qui se plaignent. Appeler les pronétaires, les idiots du nets, et vous
gagnerez en précision tout en évitant un néologisme inutile.

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