Génération SEP, la génération oubliée.

Modifié Monday, 05-Jan-2009 17:19:22 CET

Je suis née en 72, je fais partie de la génération X. Jusqu'à aujourd'hui je ne savais pas ce que c'était. Mais grâce à un de mes amis (kikoo pour ne pas le nommer) féru de Douglas Adams (qui a écrit le guide du routard galactique), je sais ce que nous sommes : nous sommes la génération S.E.P. Comme dans le livre, nous sommes invisible car nous sommes entouré par un champs de S.E.P. qui nous rend invisible. S.E.P est un acronyme de Someone Else Problem ce qui signifie que nous sommes le problème de quelqu'un d'autre. Aujourd'hui, nous servons de solutions à tous les problèmes :

Les retraites


Le temps de travail pour les personnes d'un certain âge est résolu en les mettant au chômage à partir de l'âge de 55 ans. Ainsi, ils peuvent profiter de l'assurance chômage à laquelle nous cotisons, et ensuite ils profiteront de la retraite par répartition à laquelle nous cotisons. Cette méthode creuse encore le déficit du régime de la retraite le mettant dans un état tel que nous n'en profiterons pas. Résultat, nous allons probablement cotiser toute notre vie pour un régime de retraite dont nous ne profiterons jamais.

L'assurance chômage


Nous sommes soit disant responsable du chômage par notre manque de flexibilité. Pour ma part, j'ai travaillé trois ans, et j'ai subi 1 an et demi de chômage. Là encore, le problème de l'UNEDIC induit par le comportement inique des entreprises est mis sur le dos de notre mauvaise adaptabilité. Pourquoi comportement inique ?

La formation


Il est amusant de constater que jamais la France n'a eu une génération aussi éduquée et que pourtant, on demande à ces dernier d'assumer des formations spécieuses. Spécieuses, car les formations délivrées en entreprises sont Nos parents, nos enfants seront peut être des citoyens, nous ne sommes que des outils au sein d'une société déshumanisée.

la déqualification


Grâce aux sociétés de services en informatique aux cabinets de conseils, aux grandes écoles, nous avons vu une surenchère dans les qualifications. Des minots de 25 ans catapultés avec 0 ans d'expérience dans leur domaine placés comme chef de projet, consultant, cela arrive tout les jours. Cela m'est arrivé aussi. Pour être embauché, nous devons sur-enchérir. Les CVs sont bidonnés dans 70% des cas. Je met un point d'honneur à dire que ce qui est vrai et vérifiable dans mon CV, pourtant les SSII mettent un point d'honneur à tricher : il m'a été expliqué par un responsable de Cap Gemini que de toutes façons les entreprises recherchent des profils introuvables, alors ils les offrent. Comme personnes ne peut avoir se genre de profil on y envoie des débutants avec des CVs bidonnés. Résultat, ces salariés sont envoyés en situation d'échec, et ceux qui ne passent pas par les SSII sont blackboulés. Je ne doute pas que ceci n'arrive pas qu'en informatique.

Le droit à l'indiférence


Les nouvelles technologies ont pris nos aînés qui nous gouvernent notamment. Si la CNIL est en elle même une bonne initiative, il est parfois aisé de se demander si elle n'est pas un alibi. De nombreuses sociétés font aujourd'hui en France le commerce de nos habitudes, adresses, préférences...
Qui sait bientôt peut être notre «moralité» sera-t-elle aussi incluse dans leur fichier. Une éxagération ? Les États Unis ont bien fait passer une loi pour autoriser le croisement des fichiers entre compagnie privée, celle là même qui aujourd'hui sont mondialisées. Quand tiscali a racheté libertysurf leur transaction ne s'est elle pas faites sur le nombre de personnes référencées dans la base? Notre vie privée peut elle encore exister quand elle ne nous appartient plus? Existe-t-il encore une vie privée quand à l'embauche il nous est interdit d'avoir des zones de gris ? Bref, notre vie privée vous appartient. Nous n'avons plus le droit de rêver, flanner. Nous ne nous appartenons déjà plus.

Le droit à la différence


Nous sommes sensés être la génération consensuelle ; comme la lutte des classes a soit-disant disparue, nous sommes condamner à ne pas être autre chose que comme tout le monde, et la différence se paie cher, elle se paie par l'exclusion du système. Être basané, convaincu que les Hommes naissent libres et égaux en droit, exprimer son incompréhension de valeurs déshumanisante est censuré par une pression sociale forte. En effet, l'entreprise ne nous a pas interdit d'adhérer à des syndicats, c'est juste que comme les Hommes politiques, ils ne sont pas issues de notre génération, et ne comprennent pas nos problèmes. Limite ne nous faisons nous pas dire que nous avons des problèmes d'enfants gâtés. Alors, le fait que l'on ne peut accéder à un logement sans 12 fiches de paies, avec 3 mois de loyer d'avance qui ne nous serons jamais remboursés, et la nécessaire garantie parentale ça ne gêne personne. Le fait que nous soyons obligé de changer de métier de façon récurrente fait de nous «des instables». Et le fait que nous gardions notre métier fait de nous des psycho-rigides. Nous sommes coincés entre des systèmes multiples et contradictoires d'évaluation sur lesquels nous n'avons pas notre mot à dire. Mais c'est ça c'est encore le problème de quelqu'un d'autre.

Le droit à être représenté, le droit d'expression


La plus drôle des discussions que j'ai eu avec un syndicat, c'était de m'entendre dire que subir du harcélement moral à notre âge c'était pas grâve, qu'on avait encore notre vie devant nous et qu'on pouvait se casser ailleurs. Yop, nous ne représentons pas une génération visible, un électorat potentiel, une force de la nation. Alors, personne n'est vraiment intéresser à nous représenter.
Sans visibilité quelle légitimité avons nous pour nous exprimer? Aucune. Pour tout les problèmes qui nous concerne (logement, travail, éducation, retraite, représentativité politique) notre génération n'est jamais prise en compte. Nous sommes le problème de quelq'un d'autre. Là encore nous sommes invisibles.

La criminalisation d'une génération


Loi anti-raver, loi anti-jeune dans les cages d'escalier, loi pour aider à la précarisation du travail des jeunes ... C'est le problème de quelqu'un d'autre. Probablement comme l'environnement...

Et pourtant


Nous sommes le futur de cette nation qui nous ignore royalement, qui se décharge de ses problèmes sur nos épaules. Notre malheur? Être une génération passive. Peut être que nous allons finir par devenir le problème de cette nation un jour.

Copyleft : 12/2002 julien tayon :: julien@tayon.net
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