Auto-justification d'un système
Modifié le Monday, 05-Jan-2009 17:19:22 CET
Le théorème de Peter revient à dire que plus l'on vieilli, plus l'on tend
-dans le monde de l'entreprise- à devenir incompétent.
La question que l'on pourrait se poser est : est ce que ce thorème est
valide. Cependant, elle est beaucoup moins drôle que de se poser la
question suivante, quelle en est l'utilité pour ceux qui l'invoquent
comme un sort les protégeant des mauvaises pensées.
Dans un premier temps, je remarque que les vecteurs de ce théorème sont
souvent issus de formation technique et des départements RH. Ensuite, je
constate qu'il est censé s'appliquer à eux. Maintenant, analysons le
parcours normal d'un individu brillant techniquement, ses aspirations, et
les aspirations de l'entreprise à son égard.
Quels sont les postes valorisés à l'heure actuelle en entreprise ?
Les postes de direction.
Pour prendre un exemple trivial : est il plus valorisant de dire que
l'on est programmeur, où de dire que l'on est responsable de
l'intégralité des motocrottes de Paris ?
Donc, pour des raisons sociales, il est valorisant de se rapprocher au
plus possible des postes décisionnaires. Ainsi, quelqu'un qui se sait
doué et indispensable demandera un poste de management, même, et surtout
si il est bon dans des postes à composante techniques.
Maintenant, regardons le point de vue de l'entreprise. La différence
entre un bon et un mauvais programmeur par exemple peut se traduire en
terme de production de code propre par une variation d'un facteur 10.
Pour faire le même rendu avec des individu de faible productivité il
faudrait au moins 15 personnes ne serait ce que pour les coordonner et
les aider à communiquer. Ainsi l'intérêt de l'entreprise est de les
recruter. D'une part, pour les avoir en interne, et d'autre part pour
éviter que la concurrence puisse en profiter.
Donc, à priori, l'offre et la demande se rejoignent. Seulement, un bon
technicien a forcément un bon bagage technique, mais cela lui
procure-t-il automatiquement un bon bagage concernant le management ?
Tout le monde en travaillant par lui même peut devenir un bon
informaticien, mais il faut un minimum de mise à niveau des connaissances
et de qualité propre à la fonction : je défie tout auto-didacte d'allumer
pour la première fois son ordinateur, de se recompiler un noyau sur linux
valide sans aucun problème. Il y a un minimum de connaissance à
apprendre. Je pense que pour le management l'analogie est valide. D'autre
part, si on peut dire que la première qualité d'un éxécutant dans le
domaine technique est la rapidité à «juger» des solutions à prendre, la
qualité première d'un manager est la «perception» des autres,
l'empathie.
Mais une entreprise ou un travailleur peuvent ils se permettre de faire
autrement ?
Pas vraiment; une entreprise qui ne fait pas ainsi ne peut attirer de
nouveaux arrivants brillants qui risqueraient d'aller ailleurs, et les
personnes brillantes qui refuseraient de jouer ces règles du jeu ne
serait plus crédibles dans le cadre de leur évolution notamment dans
d'autres entreprises.
Bref, le théorème de Peter semble être plus une auto-justification,
illustrant l'incapacité des entreprises et des travailleurs à élaborer
des stratégies non-conformistes plus qu'une véritable fatalité (il y a en
effet des entreprises (IBM ça vous dit quelque chose?) qui en d'autres
lieux et d'autres temps ont adopté des doubles échelles sociales rendant
difficile la réalisation de ce théorème).
Et finalement, quelle est le point commun entre le travailleur et
l'entreprise ? La société.
Cela tombe bien, le mythe social actuel est la communauté; le fait de se
trouver le maximum de points de conformité avec son environnement.
Finalement, on s'aime. On privilégie la ressemblance, nous sommes
homo-philes.
En fait, cela implique aussi que le seul moyen pour une entreprise de
vouloir être vraiment performante serait d'avoir un projet ayant une
dimension social. Je vais le dire grossièrement : pour avoir une
meilleure productivité, il faut avoir un projet social.
Et moi dans tout ça ? J'aime la différence et je milite activement pour
cela. Bref, je suis hétéro-phile et je l'assume, ainsi à travers ce
théorème, j'espère mettre en évidence le conformisme qu'il implique, et
montrer qu'il est contre-productif.
Copyleft : 07/2001 julien tayon :: julien@tayon.net
Version Originale initiale
copyleft : 09/2001 alexandre jousset
Correction de nombreuses fautes d'orthographes et de grammaire
modif 04/2002 : jul :: Le texte n'est toujours pas aussi clair que
je le voudrais.

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