MP3 pour qui sonne le glas
Modifié le Monday, 05-Jan-2009 17:19:22 CET
- Ajourd'hui 16 janvier 2001, il vient d'être
annoncé que les CDs allait être taxés
pour parer à tous les actes de piratage qui nuisent
aux artistes.
- Encore aujourd'hui, il est annoncé que tous les
consommateurs ne sont pas égaux pour lire des DVDs,
pour les personnes disposant uniquement de linux, il est
impossible de lire ces DVDs dans des conditions correctes
sous linux, sans utiliser un algorithme dit pirate
(DeCSS).
- La comission européenne se demande si il ne
faudrait pas autoriser le brevetage de logiciel.
Les deux derniers points, sont une digression, C'est juste que
ça m'enquiquine.
Donc, il paraît, que si les auteurs sont appauvris par
les copies de musique soit du fait des MP3s soit par voie de
gravage de CD. Est ce si évident d'une part, et d'autre
part n'y a t'il pas des effets pervers dans le projet de
taxation des CDs?
Premier point, le piratage de MP3 est réservé
à une couche de population favorisée : il faut
avoir accès à une ligne à haut
débit pour que ce soit rentable sur le plan financier.
Or, nous remarquerons que les accès haut débit en
France, ont surtout commencé dans les entreprises (pour
équiper les cadres principalement), et que les premiers
lieux d'implantation en France du cable, de l'ADSL ont
été les beaux quartiers à Paris (voici
donc tout désigné la cible marketing de ces
produits). Nous traiterons donc, de la copie de CD. La chose la
plus frappante est que le pirate passe du temps pour faire ces
gravages. Il achète un CD aux environs de 10 Francs (et
même plus pour ceux qui passent du temps à trouver
des magasins où l'acheter moins cher). Il passe en
moyenne 1/2 heure à préparer sont CD. Pour avoir
d'autres CDs, il va probablement lui falloir se
déplacer, perdre du temps là encore ...
échanger ... etc. Bref, le copiteur perd finalement
beaucoup de temps et d'expertise à faire cet acte. En
entreprise, vous pourriez considérer que cela
représente un travail d'ingénieur ou technicien
facturé à au moins 60F de l'heure. En
considérant que le copiteur est organisé il va
passer dans le gravage de CD et les salamaleks
nécessaires au moins 1 heure. Soit, un coup final de 70F
pour un CD dont l'espérance de vie est 5 fois
inférieure à un CD normal. Bref, le CD en terme
de temps passé peut se voir affecter une valeur
arbitraire de 80F. Hors coût d'amortissement, des
appareils informatiques et autres. Certains ont conscience de
ce prix, mais vous me direz pourquoi continuent-ils?
Bien, l'une des premières raisons, est que c'est un
acte de communauté qui peut permettre d'avoir
accès à d'autres groupes, les programmes
radiophoniques et télévisuels étant
insuffisants pour satisfaire la boulimie musicale de
beaucoup.
Ensuite, la raison est l'impression flagrante qu'on les
consommateurs de musique d'être prix pour des
idiots :
- D'une part, il de souviennent du discours des maisons de
disque sur le CD, le futur de la musique, qui allait faire
diminuer les coûts des médias qui serait
inusables avec une qualité de son parfaite.
- D'autre part, il s'interroge toujours sur les suites de
ces accusations d'opacité et de favoritisme à
l'égard de la SACEM qui peuvent défavoriser les
petits auteurs.
Et, bien que le média soit moins cher soit, le prix du
CD officiel n'a jamais été significativement
moins cher que le vinyl, de même sa qualité de son
bien que physiquement meilleure, peut ne pas avoir
été ressentie comme une amélioration par
tout le monde ( de gustibus et coliribus non dispendum
;), enfin, vous pouvez vous poser la question suivante au
bout de dix ans d'existence des CDs : combien ont des rayures
ou des scratchs alors que vous n'avez pas été
foncièrement violent.
Les maisons de disques, de par leur campagne de promotion
explicitement nous affirment qu'elles veulent nous imposer de
nouveaux artistes qu'elles créent de toutes
pièces. Ces derniers passent à la radio et
peuvent empêcher d'autres artistes de passer (le nombres
d'heures d'émission musicale étant
limitées). Ceci peut être ressenti par le
consommateur comme une volonté manifeste de censure
(t'aimes pas ce nouveau groupe, c'est pas grave, à force
que je le passe t'apprécieras et t'éviteras
d'écouter des groupes qui pourraient m'embêter).
L'injonction à consommer de la m.....e ne passe pas
forcément bien.
A la question pourquoi donc les consommateurs
préfèrent pirater la musique (ce qui leur revient
en définitive aussi cher), je dirais simplement parce
qu'ils ne font pas que consommer. Ils peuvent exprimer leur
opinion. En définitive, c'est un acte politique (le
système économique ne peut me fournir ce que je
veux, je me débrouille autrement).
Mettre une taxe, serait le meilleur moyen de
généraliser ce sentiment, et même
d'introduire un système pervers :
- si je paie j'ai le droit de le faire, donc puisque c'est
légal faisons le
- si je pirate pour accéder à autre chose que
la musique diffusée qui ne me plaît pas alors,
les artistes que j'apprécie ne sont pas
rémunérés (puisque non
comptabilisés ): donc le système est bien fait
pour ne pas payer les artistes que j'apprécie ; la
différence culturelle est
défavorisée, résistons !
La première conséquence serait l'apparition d'un
mouvement, peut être très marginal de contrebande,
ou d'achat légal de CD à l'étranger. Mais
aussi ironiquement le piratage ayant en fait remplacé le
rôle de la radio, les "consommateurs" n'ont jamais
eu autant de musique à leur disposition. Ainsi les
"consommateurs" en viennent, petit à petit,
à se détourner des médias de diffusion
traditionnels certes, mais surtout compte tenu du prix
réel des CDs pirates, ils vont probablement consommer
sous peu plus de musique.
Bref, nous voyons ici, un projet qui aboutira à
mieux payer les auteurs, en effet, mais pas forcément
les plus écoutés ...
Une idée pour décourager les pirates de
réfléchir sur les droits d'auteurs, puisque
l'état les faits payer, c'est que la situation est
régularisée ... circuler, il y a rien à
penser...
Une idée pour mieux dire aux consommateurs,
qu'ils ont la liberté de consommer ... ce qui leur est
imposé, surtout si ils ont le choix.
Copyleft : 01/2001 julien tayon :: julien@tayon.net
Version Originale initiale
copyleft : 01/2001 flavien ::
Correction de nombreuses fautes d'orthographes et de
grammaire
La version de Flavien qui est
excellente
un article de John Gilmore sur le
mal fondé de la protection des contenus (envoyé
par flavien)

Maison