J'aime pas les rebelles, et je tiens à le faire savoir
Modifié Monday, 05-Jan-2009 17:19:22 CET
J'ai un problème avec les rebelles : que je les voie dans le
XVIéme ou en banlieue, ils me cassent les pieds. Pourquoi me
direz vous ? Parce que leurs existence est un affront à la fois
à l'intelligence et au bon goût. Vous me demanderez probablement
de commencer par définir un rebelle même si ce terme est
galvaudé, et bien c'est avec plaisir que je vais m'éxécuter.
Être rebelle en France en l'an 2004 version conformiste
Il faut savoir qu'il y de vrai et de grandes tragédies
dans le monde, et que quand on est dans l'un des pays les
plus favorisé du monde, on ne peut être indifférent au
grands problèmes de ce monde le rebelle doit joindre sa
voix à toutes les grandes causes et affronter les injustices de ce
monde et crier fort, très fort :
je suis contre les injustices :
- la faim et la soif dans le monde,
- la torture et la guerre,
- et je veux crier très fort ma révolte contre la méchanceté
Non, que je sois un individu foncièrement inhumain qui
soit pour la guerre et le reste, mais parfois la
révolte peut approcher le pathétique.
Les grandes causes sont d'autant plus défendables que
les lieux où l'on peut crier sa révolte ont le bon
goût d'être des destinations touristiques où les gens
ne sont pas amochés par la guerre ou la faim, et ou
que les gens vont parler en tant que vedette
compatissante de l'occident repentant.
Non que je trouve acceptable les saloperies faîtes par le
passé par des français, mais il serait prétentieux de
ma part de vouloir me repentir d'acte que je n'ai pas
commis.
La première grande tragédie du rebelle mondialiste reste surtout
que le monde ne reconnaisse pas sa personne. Et dès que vous
joindrez votre voix à la sienne pour hurler contre les grandes
injustices de ce monde (un peu moins fort que lui pour pas lui
piquer la vedette), vous serez son ami.
Bref, les grandes tragédies du monde sont aussi un
tremplin pour les petites carrières de quelques
médiocres que la misère révolte tant qu'elle ne les
touche pas.
Le rebelle ci-dessus nidifie plutôt dans les zones aisés, il peut
migrer à contre coeur (qu'il dit) pour des zones plus aisées. Sa
secte préférée est la secte CAMIF, dans laquelle il compte de
nombreux amis.
Le vrai rebelle
Le vrai rebelle est dans sa version décadente invité sur les
plateaux d'émission de variété où il essaie de «foutre la merdre»
et se ridiculise à la fois dans un discours ridicule de
généralisation globalisante et dans un numéro de provoc' à deux
balles.
Le vrai rebelle vient de la banlieue. De préférence celle qui
craint, et si il peut habiter une belle baraque malgré tout à 20
minutes de marche des grandes barres qui craignent vraiment c'est
encore mieux. Il doit pouvoir vous expliquer l'injustice de la
banlieue parce qu'il en est proche tout en ne pouvant être victime
lui même de ce qu'il raconte. Le vrai rebelle de cité existe et
celui-ci est mon préféré : il est fun.
Le vrai rebelle de cité est con, et malhonnête, mais attachant,
parfois même un peu collant. Son scénario est toujours le même :
- intimidation ,
- culpabilisation ,
- agression ,
- victimisation
Le rebelle de banlieue va vous casser les pieds, et va vous
expliquer que c'est de la faute de la société, ensuite il va vous
pourrir la vie, et vous expliquer que c'est de votre faute. La
parade, ne pas être dans son milieu de vie où l'envoyer chier dès
le début. Bref, si il est agressif, c'est parce que tout le monde
lui en veut, et si il t'encule c'est parce que de toute façon
quelqu'un d'autre l'aurait fait. Lui au moins, c'est un mec bien,
et c'est ton pote c'est quand même plus sympa non ?
Le fond de commerce du rebelle de banlieue
Pourquoi est il si méchant ? À la base, il n'a rien demander,
c'est comme les enfants battus, la société l'a maltraité alors
lui maltraite la société. Comment ? Ben... lui il est né pauvre,
et les autres ils sont nés riches, et ça c'est dégueulasse. En
plus ils ont aucun mérites, ils en foutent pas une rame, ils ont
toutes les nanas des fringues qui coûtent cher, et en plus ils
veulent pas être les potes des pauvres. La riposte ? Le rebelle de
banlieue essaie de devenir riche, en foutant pas une, de
préférence de manière malhonnête pour se venger de la société, ils
veut se baiser les nanas qui aiment les mecs riches, et dès qu'il
a réussi il arrête de fréquenter ces potes pauvres.
Le rebelle de banlieue subit la plus grande injustice du monde et
il déteste les parvenus, qu'il ne cesse de vouloir détruire en
devenant un lui même, et de préférence le pire possible.
Les parvenus du XVIéme (qui ont le droit de violé la loi parce
qu'il génère de la richesse eux, et qui crient très fort contre la
guerre), aime les fringues chers qui montrent leur
appartenance. Le rebelle de banlieue pour se démarquer choisi des
fringues moches et cher et pour montrer son unicité il les choisi
identiques à ceux de ses potes (c'est trop dur d'être seul et
rebelle).
Le rebelle critique les bourges avec leurs grosses bagnoles, tant
qu'il n'a pas la sienne.
Le rebelle trouve que la discrimination dont il souffre est trop
dégueulasse, non pas parce que la discrimination ne devrait pas
avoir de raison d'être, au non, le rebelle de banlieue est pour la
discrimination, mais il gueule parce qu'il est du mauvais coté de
la barrière.
Si il fait partie de ses français qu'on appelle à tort étranger
(les beurs de deuxième génération par exemple) cela ne l'empêchera
pas lui aussi de chier sur la gueule des «étrangers», les pakis
sont des bons souffre douleurs pour certains qui voient
enfin les étrangers. Être victime réelle ou supposé du racisme
n'empêche pas d'être raciste. Si ils sont religieux, ils feront chier avec
leur religion, en trouveront une ou deux sympa pour pouvoir mieux
condamner une troisième.
Le rebelle de banlieue est juste un parvenu comme un autre qui
négocie son accession à un statut et la thune qui va avec en
échange de la paix social. Le deal est simple : file moi ce que
t'as et je serais un bon bourgeois. Leur modèle est le parvenu, et
ils se comportent comme tels.
La critique sociale et le vrai rebelle
Le vrai rebelle à comme modèle le réactionnaire. Le rebelle trouve
la société dégueulasse parce qu'il n'est pas au commande, mais en
fait ce qu'il veut ce n'est pas une société plus équitable, c'est
exactement la même société, mais que ce soit lui qui chie sur la
gueule des autre au lieu de se faire chier dessus. La critique
sociale dans sa bouche n'est qu'un instrument de pouvoir.
Son business model est la cause à défendre, harkis, beurette,
religions, pauvreté ... Il faut beaucoup de causes, car chaque
cause est le moyen de rentrer en contact avec les salauds de
bourges, auxquels on va pouvoir négocier la paix sociale. Mais ne
vous y trompez pas, les premières soit disant victimes de la
banlieue sont les premiers à discriminer à tout va. Je vous
déconseille d'être homosexuel, un peu gros, d'avoir des
problèmes mentaux, ou d'avoir une voiture soit qu'ils envient,
soit qu'ils aiment pas ... si vous voulez pas subir des meutes de
rebelles enragés. Être homo en banlieue et en cité, c'est l'art de
compter ses dents une fois par mois.
Le rebelle de banlieue a besoin de la discrimination, c'est normal
sans elle il n'a plus d'existence social. Il refuse que la
discrimination disparaisse car d'une part il en profite, et en
plus il refuse de remettre en cause les discriminations dont il
est l'auteur.
Conclusion
J'emmerde les rebelles, mais ils me font bien marrer. Par exemple,
le rebelle délinquant, qui s'habille comme un délinquant, je
trouve ça fort : il devrait porter un panneau aussi «attention je
vais vous niquer». Vous vous doutez bien pour des raisons simples,
que la plupart des délinquants qui réussissent essaient de tout
faire pour ne pas avoir la tête de l'emploi. Donc la prochaine
fois que vous voyez des mecs qui s'habillent comme des
délinquants, dîtes vous que soit qu'ils sont des loosers dans leur
branche et vous pouvez rigoler ou soit, tout simplement qu'ils
essaient juste de vous intimider, et vous pouvez rigoler.
Et pour terminer, si vous aussi les injustices de ce monde vous
révoltent, si vous pensez que la faim, la soif et la guerre sont
inadmissibles, joignez vous à moi pour pousser un grand cri :
le monde : c'est pas juste, et surtout évitez de
le changer vous risqueriez de ne plus pouvoir en faire votre blé.
Copyleft : 05/2004 julien tayon :: julien@tayon.net
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