Moi aussi je sais polluer le net en bloguant !

Modifié Monday, 05-Jan-2009 17:19:22 CET

Nous sommes le 20 janvier 2005, et je continue mon site perso écrit en html à la main. Je sais, je suis un gros naze, je respecte pas les 8 dernières normes de syndication de flux (je sais pas très bien ce que c'est), je n'ais pas de «backtrack» (?) et je m'en fous que ce soit pas du DHTML 4.5x32 avec du CSS 2.4.1 : mon texte s'affiche probablement aussi bien, et au lieu de passer mon temps a aller sur internet télécharger les dernières nouveautés pour vérifier si j'appartiens à la tribu branchée des technos blogueurs, je prend des vacances où je me repose, me ressource pour être à même de produire de nouveaux contenus. Je dois admettre que je suis pas productif. Mais je m'en fous. Ma vie, mon temps m'appartient, et j'aime me sentir inspiré avant d'écrire. C'est vieille école de faire passer le contenu avant le contenant, mais si être moderne c'est être un mouton un peu con, je crois que je suis content d'être un vieux con qui s'assume.

Soyons honnêtes les blogueurs sont pareils aux femmes, ils représentent le triomphe de la forme sur l'esprit ; et ils se se parent de leur «compétence technique» pour écarter toute discussion sur le fond ; c'est normal il ne sont pas lettrés, ils connaissent que l'alphabet. Leurs discussions me font penser à ces universitaires qui compteraient le nombre d'espaces et de ponctuation et prétenderaient que cela suffirait pour expliquer le sens d'un texte. En bref : le blog c'est du bruit qui me casse les oreilles.

Bon tout ça pour vous parler du plaisir d'écrire un article en T shirt avec un soleil rayonnant sous 20°C à l'ombre en hiver. Honnêtement passer ses vacances en Floride, faire de la plongée en apnée deux fois par semaine dans une eau froide à 19°C; courir, nager, lire, on finit par se demander pourquoi on travaille ?
La vie c'est du temps que l'on passe sur terre. L'entreprise française est chronophage, invasive. Même pour plus d'argent est-ce que cela vaut le coût ? Non, et c'est probablement ce qui fait le succès des 35H, même si j'ai parfois l'impression que ce que l'on gagne en temps on le perd en capacité de planification ; la plupart des entreprises morcellent le temp libre, et imposent des contraintes sur les prises de congés. La plupart d'entre nous ont-ils encore la possibilité de prendre des périodes de plus de 1 mois de vacance pour se reposer, en profiter ? Je ne sais pas.


Le temps c'est anodin comme conversation, n'est il pas ? Pourtant, le temps est notre seule véritable richesse, à quoi sert de capitaliser du temps que l'on compte dépenser à bien vivre plus tard, si ce moment reste une hypothèse ?
Sous prétexte d'être heureux un jour combien se rendent malheureux en espérant des gains hypothétiques et diffèrent de jouir ne s'apercevant pas qu'un poison mortel a été versé à la source de notre vie. Je sais que cela paraît sombre, mais cette face obscure de notre existence est un aiguillon vers la vie : sans prise de conscience de l'essence et de notre seule véritable richesse comment pouvons nous espérer aimer la vie à sa juste mesure ?

Plus j'ai des pensées sombres qui m'arrivent ainsi, plus j'y fais face plus j'ai l'énergie pour me bouger. La peur quand je la surmonte me donne un élan démesurer pour fuir, pour vivre pour faire, pour construire, pour être. D'un seul coup, on sent la granularité du temps, et on arrive à profiter du plus petit moment, et l'on se rend compte que l'on devrait arrêter de poursuivre les chimères et en profiter pour s'amuser, voir ses amis, sa famille, juste s'allonger au soleil. Le boulot, le logiciel libre, les conventions sociales tout ça c'est des chimères. Et si vous vous investissez dedans n'oubliez pas de le faire en vous arrangeant pour que ce soit fun ; ce serait trop bête de ne pas en profiter.


Licence Art Libre : 01/2005 julien tayon :: julien@tayon.net
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